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ZIPLINE

L’enjeu | Répondre aux difficultés d’accès aux médicaments

Depuis juillet 2016, la start-up californienne soutenue par Gavi, permet d’acheminer, grâce à des drones, des produits sanguins vitaux dans tous les hôpitaux rwandais situés en dehors de la capitale.

L’innovation | La technologie au service de l’accès aux soins

Grâce à une application dédiée, les hôpitaux ou les médecins, ont la possibilité de commander en direct les médicaments dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. Un véritable service à la demande qui donne aux personnels de santé - et donc aux patients - un accès quasi immédiat à des produits médicaux essentiels. 

Guidé par un GPS, le drone lâche à faible altitude le colis équipé d’un parachute, le centre de santé reçoit un SMS lui indiquant la livraison du chargement afin de qu’il puisse le récupérer sur la zone dédiée. Le drone resté en vol, rentre à sa base.

Alors qu’il fallait jusqu’à 5 heures pour acheminer des produits sanguins par la route dans un pays montagneux aux zones enclavées, Zipline livre les établissements en 15 à 45 minutes sur un rayon de 80 km à une vitesse de 100 km/h. 

Fort de son succès avec 1 commande toutes les 15 minutes en moyenne pour le Rwanda, Zipline vient d’annoncer l’extension de ses services à plus de 100 produits essentiels, notamment les vaccins grâce à son partenariat avec Gavi. Depuis avril 2019, Zipline opère également au Ghana et des discussions sont en cours dans des pays d’Afrique francophone tels que la Côte d’Ivoire et le Togo. 

Cette révolution logistique a permis de fournir à 11 millions de personnes un accès instantané à des médicaments d’urgence. Zipline se place ainsi comme une réponse performante aux difficultés d’accès aux médicaments, aux manques d’infrastructures et aux pénuries de produits vitaux en Afrique et au-delà.

Partenaire :

Nyagatare Health Post

Partenariat public-privé communautaire

L’enjeu | Assurer la disponibilité des soins, la présence de personnels de santé suffisants et l’accessibilité géographique

En 15 ans, l'une des nations les plus pauvres de la planète a réussi à faire bondir l'espérance de vie de presque 20 ans, endiguer l'épidémie de VIH, faire reculer la mortalité infantile et maternelle, et immuniser presque tous ses enfants.

Pour y parvenir, la République du Rwanda a misé sur la couverture santé universelle et un investissement dans les soins de santé primaire.

L’innovation | L’installation d’un système public-privé, avec un contrat communautaire

Le poste de santé communautaire de Nyagatare est un exemple particulièrement intéressant dans la mise en place d’un partenariat mêlant privé-public et central-décentralisé. En effet, l’Etat et la commune co-financent le bâtiment, puis la communauté se charge de sa construction. Ensuite, le centre est géré par un infirmier chef d’établissement qui décide de l’organisation des soins, du nombre de personnel, de leur affectation, etc. La communauté détient le pouvoir de renouveler, ou non, son contrat de gestion de l’établissement en fonction des résultats et de la qualité de soins.

La majorité des soins dispensés sont couverts par l’assurance maladie avec un reste à charge limité - variant selon le niveau de revenu et la prestation effectuée. Afin de renforcer la participation communautaire, les membres de la commune se réunissent pour discuter des enjeux de santé, échanger sur les problèmes auxquels ils font face pour ainsi définir ensemble les actions en termes de promotion et d’information sanitaire.

 

Rencontre avec Dr Diane Gashumba

Ministre de la Santé

Dr Diane Gashumba a été nommée Ministre de la Santé en octobre 2016. Elle est titulaire d'un doctorat en médecine et d'une maîtrise en médecine (MMed), spécialisée en pédiatrie. Elle a été directrice médicale de l'hôpital de Kibagabaga et des hôpitaux de Muhima. Entre 2010 et 2016, elle travaille sur un projet de santé maternelle et infantile financé par l'USAID de 57,3 millions de dollars qui couvrait alors 23 des 30 districts du Rwanda. Du 26 mars 2016 au 4 octobre 2016, elle est ministre du Genre et de la Promotion de la famille. 

L’enjeu | La couverture santé universelle comme base de développement du pays

Avant 1994, le Rwanda était un pays très divisé, l'inégalité était enracinée dans la société et dans la politique qui a eu impact sur la mise en place du génocide. Après le génocide, le pays a été reconstruit autour d'un récit partagé de solidarité et a adopté une constitution garantissant l'égalité. Dans cette démarche de développement inclusif, le gouvernement s’est engagé vers la couverture santé universelle, à commencer par la mise en place d’un système d’assurance-maladie qui couvre aujourd’hui 91% des Rwandais en cotisant 4€ par an à une mutuelle. Avec quatre catégories de contributions possibles, chacun cotise selon ses moyens, la catégorie 4 étant réservée pour les plus démunis, et leurs contributions assurées par le gouvernement. 

Pour élargir l’accès aux soins dans les zones reculées, 58 000 agents de santé communautaires dont 66% de femmes sont mobilisés sur le territoire. Elle insiste sur l’importance d’inclure les hommes dans la résolution des inégalités, la parole masculine détenant aussi plus de poids dans la compréhension de cette responsabilité qui est la leur.

L’innovation | Mettre la santé au cœur de la politique d’égalité et de développement

Le paradoxe du Rwanda est d’être un pays à faible revenu qui fournit une couverture santé à un plus grand pourcentage de citoyens que certains pays parmi les plus riches du monde. Le fruit d’un volontarisme politique au plus haut niveau et d’un engagement au rang local afin que les questions de santé soient présentes à tous les échelons de la société. Ce système décentralisé et la mobilisation des communautés permet au pays de construire un plan national et de se fixer des objectifs pour orienter les bailleurs de fonds en fonction des besoins des Rwandais. 

Son message pour la France

Le Rwanda veut multiplier ses collaborations avec la France sur tous les plans sanitaires. Elle a rappelé l’importance de la campagne de reconstitution du Fonds mondial et du rôle indispensable de la France. Elle a également évoqué sa volonté de faire intégrer son pays à l’initiative Muskoka financée par la France et destinée à réduire les mortalités maternelles et infantiles.

IRCAD Afrique

© IRCAD

L’enjeu | Apporter une réponse locale pour la formation des chirurgiens

Quand la technologie rencontre la chirurgie, c’est le pari de l’IRCAD qui décide de faire de Kigali sa 6ème antenne mondiale, après Strasbourg, Taïwan, Sao Paulo, Rio, Beyrouth (la Chine prévue également pour 2020). Établissement créé en 1994 par le chirurgien français, Professeur Jacques Marescaux , l’IRCAD (Institut de Recherche contre les Cancers de l'Appareil Digestif) est orienté vers le développement de techniques chirurgicales de moins en moins invasives. La chirurgie mini-invasive (CMI) est une technique médicale qui permet des incisions plus petites grâce à des instruments manipulés par un robot. Elle minimise ainsi le risque de traumatisme opératoire pour les patients et permet donc une guérison plus rapide et moins douloureuse.

Avec à son actif plus de 4 000 publications et communications scientifiques internationales, l'IRCAD est reconnu à travers le monde comme le leader mondial dans les domaines de l’informatique, de la robotique et de l’imagerie médicale appliquées à la chirurgie mini-invasive. Il forme chaque année plus de 6 000 chirurgiens du monde entier grâce à 800 experts de près de 120 nationalités.

L’innovation | Développer la chirurgie de haute technologie au Rwanda 

L’IRCAD a établi un partenariat avec le Rwanda afin d’ouvrir un Centre de chirurgie de haute technologie d’ici l’année prochaine à Kigali, sous le design d’un architecte également français – qui s'est inspiré du paysage volcanique pour concevoir un centre à la fois médical, africain, moderne et avant-gardiste. Etendu sur plus de 10 hectares, l’IRCAD Afrique entend ainsi former plus de 1 000 chirurgiens entre 2020-2021, une véritable fenêtre internationale sur l’innovation médicale du continent. 

L'IRCAD Afrique a 2 orientations : 

  • La formation - devenir le plus grand centre de formation d’Afrique sur la chirurgie mini-invasive, tout en introduisant de nouvelles technologies et méthodes chirurgicales innovantes
  • La R & D en informatique - pour innover et développer de nouvelles technologies en chirurgie assistée par ordinateur, contribuant ainsi à l'écosystème de recherche (locale et internationale) en informatique. 

La formation du personnel d'IRCAD Afrique a déjà commencé au centre de Strasbourg ainsi qu’au Rwanda pour développer les filiales locales de recherche en « machine-learning », « deep-learning », intelligence artificielle et en réalité augmentée, avec l'objectif de partager la R & D de l’Afrique avec le reste du monde.

Hôpital de Butaro

L’enjeu | Le manque de soins disponibles pour le traitement des maladies non transmissibles

Situé dans la province rurale du Nord du Rwanda, l’Hôpital de Butaro est un exemple de la construction d’un hôpital moderne dans une zone reculée, avec un environnement capable de fournir des services médicaux de haute technologie. En 2012, l’hôpital a intégré le 1er centre de traitement du cancer d’Afrique de l’Est dans une région rurale. Il constitue un élément essentiel de l’ambitieux plan quinquennal du Rwanda pour instituer la prévention, le dépistage et le traitement du cancer au niveau national.

L’innovation | Fournir des programmes innovants autour des soins du cancer

Le « Butaro Cancer Center of Excellence » accueille plus de 100 nouveaux patients par mois grâce à une offre complète de services de prévention du cancer allant du dépistage, au diagnostic, de la chimiothérapie, à la chirurgie, en gardant un œil attentif sur le suivi des patients et les soins palliatifs. 

Le bien être mental du patient fait effectivement partie intégrante de la prise en charge des patients. Une innovation majeure dans la réflexion autour des soins du cancer dans une société encore marquée par la stigmatisation des patients atteints de cancers.

Pionnier en technologie, le centre a mis en place des services de télé-pathologie, une avancée médicale majeure avec des résultats obtenus en 3 à 5 jours contre près de 2 mois auparavant. Cette innovation permet aux professionnels de santé du monde entier d’échanger des images médicales directement sur la plateforme à leur disposition. 

Des collaborations étroites ont été établies avec plusieurs institutions américaines (notamment Harvard, Yale, Université de Pennsylvanie...) afin de maximiser les échanges des connaissances. 

L’établissement est également le premier à mettre en place une formation normalisée dans la lutte contre le cancer, à travers des protocoles permettant de se placer en conformité avec les nouvelles directives nationales. De surcroît, pour combler le fossé des ressources humaines manquantes en oncologie, les traitements protocolaires permettent de confier des tâches à des médecins et à des infirmières n'ayant pas forcément suivi une formation en oncologie. 

L’hôpital accueille désormais des patients venus du Burundi, Ouganda, RDC, Nigeria, Sierra Leone ou encore Malawi, convaincus des avancées médicales majeures du centre.

Partenaire :

Service Oncologie à l’hôpital Militaire de Kigali

Rencontre avec l’oncologue Dr. Pacifique Mugenzi

L’enjeu | Le manque de soins disponibles pour le traitement des cancers

Jusqu’alors, les patients atteints de cancer n’avaient accès qu’à la chirurgie et la chimiothérapie (notamment au sein de l’Hôpital de Butaro) sur le territoire. Les patients nécessitant une radiothérapie sont référés à Nairobi pour traitement avec un coût important et donc un rationnement des patients pouvant être référés. Ce centre se place ainsi comme la pierre angulaire pour un accès complet aux soins du cancer.

Rencontre avec le Dr Pacifique Mugenzi, l’oncologue à l’origine de la création du centre de radiothérapie et de chimiothérapie au sein de l’Hôpital Militaire de Kanombe à Kigali, soutenu par le Fonds mondial. La radiothérapie consiste à utiliser des rayonnements pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier. Cette technique permet de préserver les tissus et organes voisins, de manière à endommager le moins de cellules saines.

L’innovation | Premier centre de radiothérapie du Rwanda 

Pour les Rwandais, cette évolution permettra d'éviter la nécessité de voyager à l'étranger pour des services qui seront disponibles localement pour la première fois. La structure compte accueillir près de 850 patients pour cette première année. Ces services de radiothérapie sont inclus dans la mutuelle de santé dont bénéficient 91% des Rwandais aujourd’hui.

Le centre de radiothérapie a ainsi mis en place une technologie inédite au Rwanda. Il est équipé de deux accélérateurs linéaires (Elekta) qui utilisent des technologies de pointe de VMAT (Arc-thérapie modulée volumétrique) une technique innovante et nettement supérieure qui fournit aux patients une radiothérapie de haute qualité, d’une grande précision, et dans un temps réduit. Ces innovations médicales, à la pointe de la technologie, ont été développées en partenariat avec des instituts français situés à Clermont Ferrand, Metz et Nevers.

Partenaire :

University of Global Health Equity

L’enjeu | La formation des cadres en santé publique

L’UGHE, University of Global Health Equity, a été créée en 2014 à Kigali avec pour vocation de former la future génération des professionnels de santé mondiale en leaders d’opinion pour l’organisation des soins, les politiques de couverture santé universelle au niveau à la fois mondial et sous-régional. 

Dr Agnes Binagwaho, ancienne Ministre de la santé du Rwanda, assure les fonctions de Vice-Chancelière de l’Université, une preuve de l’implication de la sphère politique aux enjeux d’équité et de santé dans le pays.

L'innovation | Une université dédiée à la santé mondiale en zone rurale rwandaise

Depuis janvier 2019, le campus s’est déplacé à Butaro, zone rurale rwandaise située à 3 heures de la capitale afin de répondre à la demande croissante des étudiants venus principalement d’Afrique mais aussi du monde entier pour bénéficier de cette formation pionnière.  

Au-delà de la simple formation médicale, l’UGHE souhaite sensibiliser ses étudiants aux problématiques de santé mondiale :

  •       endiguement de nouvelles maladies comme Ebola
  •       accroissement soutenu des maladies non transmissibles
  •       construction et fonctionnement des systèmes de santé innovants

Aujourd’hui 25, les étudiants seront plus de 200 d’ici 2023, notamment avec l’ouverture imminente de l’école de médecine en été 2019. 

L'investissement du gouvernement rwandais a été primordial pour faire démarrer ce projet : 100 hectares de terres cédés, engagement à paver la route menant à l’université, engagement à étendre le réseau d'eau (construction d'une centrale hydroélectrique à proximité), d'électricité et de câbles à fibres optiques. 

En retour, l'UGHE s’est engagée à avoir un impact sur la sous-région de Butaro. En effet, des matériaux locaux ont été utilisés pour la construction de l’Université. Plus de 1500 personnes (dont 95% locales) ont été formées et employées dans l’économie de la construction.

Partenaire :

Rwamagana

Poste de santé communautaire

L’enjeu | Accessibilité des soins en zones rurales et reculées

Situé à 1 heure de la capitale, le poste de santé de Rwamagana est un exemple de réussite dans la réponse locale apportée aux défis sanitaires. Tout comme l’Ethiopie, le pays a fait le choix de former des agents de santé communautaire pour une décentralisation des soins sur l’ensemble du territoire. Ces agents sont ensuite capables de gérer à la fois la vaccination, les problématiques de planning familial, la consultation, les soins maternels et infantiles.

L’innovation | L’accès aux soins primaires au niveau communautaire

Afin de couvrir les besoins de santé et une couverture optimale, le gouvernement a mis en place des Agents de Santé Communautaire (ASC), des membres de la communauté qui se portent volontaires pour être formés par le biais d’un programme gouvernemental. Il existe actuellement plus de 58.000 agents de santé dans le pays, situés dans 15 000 villages à travers le Rwanda.

En plus de diagnostiquer le paludisme et de prescrire un traitement, les agents de santé sont formés pour donner les premiers soins, fournir des conseils nutritionnels et aider les femmes à accoucher.

Et cette réponse communautaire a donné des résultats impressionnants.

La décentralisation des soins vers les agents de santé mobiles, qui rapprochent les services de santé aux foyers, a permis de décongestionner les hôpitaux. En 2018, la prise en charge locale du paludisme a permis une diminution de 50% des cas de mortalité au niveau national et le site de Rwamagana a réduit à 0 le nombre de décès liés à cette pandémie. Les solutions apportées sont à la fois traditionnelles – comme la distribution de moustiquaires imprégnées, la pulvérisation dans les maisons, mais également innovantes, notamment à travers la mise en place du service Rapid SMS qui permet une notification immédiate lorsque les stocks de médicaments des centres deviennent critiques.

Fortement implanté dans la communauté, ce centre est né d’une association de veuves du génocide, Avega, visant leur réintégration en leur donnant un véritable rôle au sein de la société rwandaise. Les agents de santé obtiennent ainsi plus facilement la confiance de leur communauté, et d’une parole plus libérée autour des sujets de santé. Dans le service prénatal de Rwamagana, 602 femmes ont été reçues l’année dernière, et près de 97% d’entre elles ont eu accès au test du VIH. Depuis le début de l’année, 515 personnes bénéficient du traitement antirétroviral, dont 359 femmes, des résultats très encourageants qu’il faut continuer de renforcer.

Partenaire :

L.E.A.F Pharmaceuticals

Centre d’innovation des traitements du cancer

L’enjeu | Le manque des entreprises pharmaceutiques locales pour les médicaments innovants

En général, l’Afrique est trop dépendante des médicaments développés, fabriqués et achetés à l’extérieur, ce qui entraîne des dépenses de santé plus élevées sans créer de croissance économique locale. L'intégrité de la chaîne d'approvisionnement est un défi majeur, de même que la présence de médicaments contrefaits et l'omniprésence de médicaments de mauvaise qualité déversés dans les pays pauvres.

L.E.A.F (Lifting and Empowering All Families) est une société pharmaceutique créée par le Dr Clet Niyikiza, un Rwandais connu pour avoir travaillé à la découverte et au développement du médicament antidouleur « Aleve ». Il est aussi reconnu mondialement pour son innovation et leadership dans le traitement du cancer et a notamment reçu le « Health Care Innovator Award » en 2016.  En 2017, L.E.A.F. Pharmaceuticals basée aux Etats-Unis, a annoncé la création d’une filiale au Rwanda, au cœur de Kigali avec pour mission de découvrir, développer et commercialiser des traitements innovants pour le cancer. L.E.A.F Rwanda a aussi l'objectif de développer une unité de fabrication de médicaments génériques.

L’innovation | Renforcer la capacité de production pharmaceutique locale

L.E.A.F s'est engagée à transformer le Rwanda en hub de biotechnologie dans la région. Elle construit actuellement un laboratoire de biotechnologie avancé qui est presque terminé à l'Hôpital militaire de Kigali. Une usine de fabrication à Kigali est également en cours de construction. L.E.A.F co-organise la formation des doctorants de l'université nationale, et a un plan sur 20 ans pour mettre en place des programmes de recherche sur le « deep-discovery » intégrant la formation et la recherche de scientifiques locaux ; ainsi que la mise en place d’infrastructures permettant aux jeunes Africains de mener des recherches de classe mondiale.

A la fois hub de R & D et usine de production, cette antenne a été pensée comme un centre d’attractivité pour les scientifiques de biotechnologie et les chercheurs clinique du monde entier. Au-delà, cette filiale a pour but d’assurer la viabilité et durabilité de l’industrie pharmaceutique du continent.

Objectif ? Limiter les importations pharmaceutiques qui coûtent cher et privilégier la fabrication et l’achat de médicaments fabriqués au Rwanda et en Afrique.

Rencontre avec H.E Richard Sezibera

Ministre des Affaires Etrangères

Dr Richard Sezibera, Ministre des Affaires étrangères du Rwanda, a été nommé en octobre 2018. Ancien Ministre de la Santé, il est également secrétaire général de la Communauté de l’Afrique de l’Est, ambassadeur du Rwanda aux Etats-Unis, et envoyé spécial du président Paul Kagamé dans la région des Grands Lacs. 

L’innovation | Renforcement du système de santé sur toutes les strates de la société

Sur la base de l'expérience du Rwanda, il a présenté les quatre éléments essentiels au succès de la mise en place d'un système de soins de santé performant : 

  •     La gouvernance décentralisée : la décentralisation de la santé permet de prendre des décisions au niveau local. Il est ainsi important de résister à la tentation de re-centraliser lorsque des anomalies se produisent, mais plutôt de s'en tenir à un système qui responsabilise les communautés locales.
  •     Mobilisation des ressources nationales : les ressources des bailleurs de fonds sont importantes, mais le véritable moteur de changement en matière de qualité et d'accès aux soins est la demande des citoyens, par le biais de mutuelles de santé qui créent une demande de services de santé. Tous les Rwandais contribuent à l'assurance maladie donc aucun Rwandais n'a peur de se faire soigner.
  •     Mobilisation communautaire : impliquer les communautés locales dans la transformation des soins de santé, en évitant la tentation de concentrer la formation sur un corps élite des professionnels. Les agents de soins communautaires sont facilement acceptés dans leurs villages et efficaces pour contextualiser les soins au sein des pratiques communautaires existantes. Leur formation augmente leurs connaissances et aide à éliminer les obstacles à la diffusion des connaissances.
  •     Leadership et volonté politique : pour que les dépenses de santé soient considérées comme des investissements, un véritable leadership doit venir du sommet de l'Etat avec l'intention de fusionner les efforts de tous les ministères pour atteindre des objectifs communs.

Son message pour la France

Le leadership en matière de santé est primordial pour faire avancer l’accès aux soins. Le Président français est un champion mondial et son leadership est une promesse de renouveau et d’innovation. Dans cette nouvelle approche, il est essentiel de créer une coalition des progressismes africains en santé pour inscrire l’action des pays dans un cadre stratégique de long terme.

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