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Poste de santé communautaire

L’enjeu | Décentraliser l’accès aux soins de santé primaire

La décentralisation sanitaire répond à 3 objectifs principaux : 

  • Répondre à la pénurie du personnel de santé ;
  • Briser les barrières géographiques pour un accès aux soins sur l’ensemble du territoire et  que les Éthiopiens aient accès à des établissements de santé situés à moins de 8 km de leur domicile ;
  • Dissoudre les barrières financières en proposant une offre de soins gratuits pour les services essentiels. 

Le gouvernement éthiopien a entrepris plusieurs réformes pour améliorer la situation sanitaire. La principale initiative pour améliorer le système de santé, « Health Extension Programme », a été lancée en 2003 pour soutenir une importante décentralisation des services de santé sur l’ensemble du territoire. Pour cela, le gouvernement a formé et déployé près de 40 000 agentes de santé communautaires, métier exclusivement réservé aux femmes et vital pour l’accès aux soins.

L’innovation | Accès aux soins primaires au niveau communautaire & engagement des acteurs locaux

Situé à 3 heures de route de la capitale éthiopienne, le poste de santé communautaire rural de Debre Berhan est un exemple particulièrement inspirant de cette décentralisation. Les agentes de santé communautaires formées par le gouvernement pendant une année, sont responsables d'un programme regroupant 16 modules comprenant de la prévention, la nutrition la promotion de la vaccination et les soins primaires de santé pour leur communauté. 

Ce poste de santé représente ainsi le premier échelon sanitaire qui permet l’accès aux soins aux populations rurales et excentrées. Un pas majeur vers l’accès universel aux services de soins, grâce à l’engagement des actrices locales et leur contact direct avec les communautés. A travers ce programme, de nouveaux vaccins ont été introduits et les services de santé étendus, permettant d’améliorer la santé et les pratiques de soins des populations.  

En parallèle, le gouvernement a également mis en place une véritable « armée » de citoyennes volontaires chargées de promouvoir les bonnes pratiques de santé au sein de leurs communautés.

Partenaires :

Hôpital de Bishoftu

L’enjeu | Assurer un meilleur taux de guérison pour éviter d’alimenter le foyer et de créer de nouvelles résistances

L’Ethiopie est considéré comme l’un des 22 pays au monde souffrant des fardeaux les plus élevés de la tuberculose et de sa forme pharmaco-résistante avec 117 705 cas déclarés en 2017 et un taux d’incidence de 164 pour 100 000 personnes. C’est également un des pays les plus larges du continent, avec des zones très reculées, un obstacle majeur dans l’accès aux soins. 

Créer un centre d’excellence à proximité d’Addis Abeba, c’est le défi relevé par l’Hôpital de Bishoftu qui a inauguré en 2015 l’installation d’un département dédié au traitement de la tuberculose pharmaco-résistante.

L’innovation | Traitements innovants pour la tuberculose pharmaco-résistante

Cette nouvelle antenne se place comme un centre d’innovation de pointe pour la région Oromia avec la mise en place de nouveaux traitements de la tuberculose pharmaco-résistante pour ses patients, qui pourraient s’avérer déterminants dans la lutte contre la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. Les traitements deviennent moins lourds pour les patients, entre 6 à 8 mois contre 2 ans auparavant, une prise journalière minimisée et des effets secondaires considérablement réduits. Et les résultats sont impressionnants. L’hôpital présente ainsi près de 80% de taux de guérison grâce à ces nouveaux médicaments, encore en phase d’essais cliniques. 

Fort de cette expertise, l’hôpital est devenu un pôle majeur dans la distribution de services de référence, de consultation, et la supervision des prestataires de santé de la région s’occupant des patients atteints de la tuberculose pharmaco-résistante par la formation et le soutien R&D autour de ces enjeux. L’impact est indéniable en termes de vies sauvées, d’organisation de soins au niveau du pays mais devient aussi un exemple dans la prise en charge au niveau mondial, en accord avec les lignes directrices de l’OMS.

Partenaire :

Rencontre avec Dr. Amir Aman

Ministre de la Santé

Vice-Ministre de la santé en Éthiopie depuis 2013, à l’âge de 27 ans, le Dr Amir Aman fait partie du gouvernement nommé par le nouveau Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Il a ainsi été nommé Ministre de la santé en 2018. Il a exercé la médecine dans les régions les plus rurales et a été directeur médical de l’Hôpital de Limu Genet dans la région d’Oromia.

L’enjeu | Construire un système de santé performant

L’Éthiopie, le 2ème pays le plus peuplé d’Afrique, a une population de plus de 100 millions d’habitants dont 80% vivent dans les zones rurales ayant un accès limité aux services de santé. Le système de santé doit répondre non-seulement aux maladies transmissibles (telles que le VIH / sida, la tuberculose, le paludisme et les infections respiratoires) mais aussi à une augmentation des maladies non infectieuses (telles que le cancer, le diabète, les maladies cardiaques, l'hépatite B et C et l'hypertension). 

L’innovation | Formation diplômante des agents de santé

Depuis 2003, et afin de répondre à la pénurie des ressources humaines en santé, l’Ethiopie a formé près de 40 000 agents communautaires, 100% féminins, sur l’ensemble du territoire éthiopien. Leur rôle est également renforcé par la présence d’une véritable armée de citoyennes chargée de promouvoir la santé au sein de leur communauté - les femmes pouvant également obtenir une qualification quand elles sont à la tête d’une famille modèle. Pourquoi avoir choisi des femmes agents de santé ? Les femmes et les enfants représentent 75% de la population, et sont les plus vulnérables. Selon lui, la formation des femmes est ainsi primordiale pour garantir leur émancipation et gravir les échelons de la société à travers la santé.

Son message pour la France

La France a un rôle crucial à jouer pour garantir la soutenabilité des investissements nationaux et internationaux pour les pays qui progressent de manière significative dans l'amélioration de l'accès et de la qualité des soins de santé. Dans 2 ans, l'Éthiopie passera d'un pays à revenu faible à un pays à revenu intermédiaire mais cela aura des conséquences sur les financements extérieurs disponibles – généralement réduits de manière significative en dépit des progrès délicats. 

Ces pays doivent pouvoir compter sur la France et ses partenaires pour élaborer des transitions responsables, transparentes et prévisibles vers un financement national. Dans le cadre de la Conférence de reconstitution du Fonds mondial, la capacité de la France à mobiliser les financements nécessaires permettra d’éviter des choix d’allocation se faisant au détriment d’Etats ayant connu des progrès significatifs ces dernières années.

GIRL EFFECT

La série qui combat les inégalités femmes-hommes

L’enjeu | Créer une demande de soins de santé de qualité

Girl Effect souhaite créer un engagement féministe éthiopien en redonnant la parole aux femmes grâce à des talk-shows, la musique, la radio. Aujourd’hui, 59% des jeunes femmes éthiopiennes déclarent avoir subi de la violence sexuelle au cours de leur vie et beaucoup de non-dits entourent encore leur condition, particulièrement ceux touchant leur santé. En abordant sans tabou les challenges auxquels sont confrontées les jeunes femmes dans leur vie quotidienne, de l’accès à l’éducation, au mariage précoce ou encore la violence, Girl Effect se veut avant tout un outil de sensibilisation à la condition féminine.

L’innovation |  Utilisation des nouveaux médias & intégration des adolescents

Le projet Yegna, déployé par Girl Effect, est particulièrement connu du public éthiopien à travers la mise en place d’une série télévisée qui raconte l’histoire de 5 jeunes femmes qui lancent leur premier groupe de musique. Le script a été entièrement développé avec les jeunes femmes, leurs familles et leurs communautés afin de refléter au mieux leurs réalités. Au-delà de la série, des espaces de conversation sont créés dans les écoles, à la radio ou encore pendant les tournées avec les comédiennes. 

La série a été suivie par plus de 3 millions de personnes et a su créer un véritable changement d’attitude positif autour des questions de genre. Prochaines étapes : étendre le projet au niveau national et encourager la prise de parole masculine sur ces sujets dès la petite école

Partenaire :

EPSA (Ethiopia Pharmaceutical Supply Agency)

L’enjeu | Assurer une bonne gestion de l’approvisionnement

Les ruptures d’approvisionnement des médicaments représentent une préoccupation majeure de santé publique. La branche d’EPSA, située en région Oromia, a été mise en place par le gouvernement éthiopien pour répondre à ce défi et garantir un approvisionnement sûr et de qualité à près de 150 établissements de santé sur le territoire, soit 7.8 millions de patients.

L’innovation | Circuit de distribution des produits de santé 

Le site d’EPSA stocke, assure la logistique et la distribution des produits de santé de façon ininterrompue à des coûts raisonnables et dans des délais optimisés. Grâce à la mise en place d’un système de suivi informatisé en temps réel, la disponibilité des traitements a ainsi été réduite de 6 jours à une demi-journée pour pouvoir répondre dans l’urgence aux demandes des centres de santé. Les produits sont également suivis tout au long de leurs parcours grâce à la géolocalisation de chaque véhicule. Cette réorganisation de l’approvisionnement permet de répondre aux problématiques de pénurie, de réduire les déperditions  de médicaments et de garantir des produits plus fiables et sûrs pour les patients.

Partenaires :

Rencontre avec S.E Sahle-Work Zewde

Rencontre avec la présidente de la République Éthiopienne

L’enjeu | Mettre fin aux inégalités de genre

Le 25 octobre 2018, Sahle-Work Zewde a été élue présidente de l’Ethiopie aux côtés du Premier ministre Abiy Ahmed. Elle est la première femme élue à ce poste dans le pays. Le contexte de son arrivée est propice à l’ouverture progressive de la sphère politique aux femmes. Mi-octobre 2018, le Premier ministre Abiy Ahmed a formé un gouvernement paritaire.

L’innovation | La féminisation de la sphère politique

La présidente de la République Éthiopienne représente l’avant-gardisme paritaire dans la sphère politique et insiste sur l’importance d’une coalition internationale pour mettre un terme aux inégalités entre les femmes et les hommes.

« La condition féminine est un sujet global, qui se doit d'être adressé de façon globale et toutes les forces doivent être mobilisées pour donner aux femmes les clés pour créer leur propre histoire. » 

Son message pour la France

Elle exprime une volonté d’aider le Président de la République Française à mieux articuler les actions à mener au niveau continental sur les questions de genre et d’égalité des sexes, notamment dans le cadre du G7.

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