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Programme dédié aux travailleur.se.s du sexe

L’enjeu | Inclusion des populations en situation de vulnérabilité dans le système de santé

En 2010, alors qu’une nouvelle infection VIH sur 5 était déclarée chez les travailleur.se.s du sexe, moins de 5% avait accès à des services de prévention, notamment due à la criminalisation et la stigmatisation du métier. C’est ainsi que le premier programme soutenu par le Fonds mondial dédié aux travailleur.se.s du sexe a débuté en Afrique du Sud avec la pair-éducation au cœur des stratégies de prévention.

L’innovation | Pair-éducation au cœur de la prévention VIH

Aujourd’hui, le programme de soutien aux travailleur.se.s du sexe couvre 14 districts à Johannesburg et est parvenu à sensibiliser 42 000 travailleur.se.s du sexe (95% de femmes, 4% d’hommes, 1% de personnes transgenre) grâce à la formation et le déploiement de 89 pair-éducateurs.

Le programme s’articule ainsi autour de la pair-éducation, qui sont des actuel.le.s ou anciens travailleur.se.s ou ancie.ne.s travailleur.se.s du sexe, formé.e.s sur les sujets de santé et capables d’assurer la préventionl’information et l’éducation. Les pair-éducateurs distribuent également des préservatifs, lubrifiants et les encouragent à participer à des activités communautaires mais aussi à accéder aux infrastructures de santé et services de protection des droits humains.

Depuis 2016, à travers le financement du Fonds mondial, la PrEP a été intégrée au programme et est disponible pour les travailleurs du sexe pour contrer l’épidémie de VIH qui les touche disproportionnellement. De plus, afin d’adapter le programme aux réels besoins des populations, ils ont été intégré.e.s et interrogé.e.s sur l’efficacité du programme pour une appropriation maximale des enjeux sanitaires.

3 objectifs principaux pour l’implantation 2019-2022 du programme :

  • Réduire les nouvelles infections VIH, IST et tuberculose
  • Dissoudre les barrières structurelles, sociales, et liées aux droits humains
  • Renforcer les systèmes de santé

Partenaire :

Distributeurs automatiques de médicaments

L’enjeu | Renforcer l’accessibilité aux produits de santé

L’Afrique du Sud fait encore face à de nombreux défis dans sa politique sanitaire publique tels que le surchargement des établissements, la pénurie de services de santé, le manque de suivi des dossiers médicaux ou l’indisponibilité des médicaments.

L’innovation | Distributeurs automatiques de médicaments dans les lieux publics

Pour répondre à ces défis, l’ONG Right to Care, soutenue par le Fonds mondial, a mis en place le projet Right ePharmacy qui déploie des distributeurs automatiques de médicaments en Afrique du Sud.

Installés sur 4 sites, dans des zones à la fois urbaines et rurales, 19 distributeurs offrent un accès immédiat à des médicaments. 69% des produits récoltés étant des traitements antirétroviraux, cette innovation est une solution concrète à l’accessibilité des produits de santé.

Le patient reçoit l’ordonnance de son médecin, puis se dirige vers le distributeur le plus proche. Ensuite, un code lui permet de garder l’anonymat lorsqu’il soumet sa demande. Un call center vidéo lui apporte en direct des recommandations de posologie, puis l’usager reçoit ses médicaments dans la minute. Suite à sa visite, il recevra des SMS à intervalles réguliers pour lui rappeler de renouveler sa collecte de médicaments.

Ouverts 7j/7, 24h/24 (selon les lieux), les 19 distributeurs comptabilisent plus de 85 000 collectes pour 29 000 patients uniques en avril 2019. Les avantages sont multiples :

  • Améliorer l’accès aux produits de santé

  • Réduire les temps d’attente en pharmacie – passés de 3h50 en moyenne à moins de 30 minutes

  • Assurer le suivi du traitement des patients de façon continue : 91% des utilisateurs suivent les collectes de médicaments conseillées

  • Limiter les coûts de transport

  • Assurer l’anonymat et lutter contre la stigmatisation

Partenaire :

MTV Shuga

L’enjeu | Briser les tabous autour de la santé sexuelle

La santé sexuelle chez les adolescents représente un enjeu essentiel pour la promotion de la santé. 60 % des jeunes en Afrique orientale et australe ne possèdent toujours pas les connaissances de base en matière de prévention du VIH, en raison d’un accès limité à l’éducation sexuelle. En 2017, sur 270 000 nouvelles infections à VIH, environ 77 000 ont concerné des adolescentes et des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans.

L’innovation | La série panafricaine aux millions de vues

Lancée au Kenya en 2009, MTV Shuga est une série qui sensibilise à la santé chez les adolescents sur le continent africain. La série associe des messages de santé sexuelle au divertissement pour un changement de comportement positif chez les téléspectateurs.

Adaptée aux enjeux locaux et régionaux, la série aborde des thèmes essentiels tels que le VIH, la violence de genre, la contraception, l’égalité femmes-hommes, les masculinités. Et le schéma fonctionne avec près de 720 millions d’audience cumulée.

Ainsi, en Afrique du Sud, la série MTV Shuga DOWN SOUTH sensibilise autour de la violence domestique, les relations sexuelles de nature transactionnelle, la connaissance du statut VIH, le suivi des traitements antirétroviraux, mais également les relations LGBTQ+.

Produit par la MTV Staying Alive Foundation, UNITAID a établi un partenariat de trois ans avec la fondation pour la diffusion de la série dans différents pays africains. UNITAID soutient ainsi la promotion de messages innovants en matière de santé, notamment l’autodépistage de VIH et la PrEP auprès des adolescents, afin de vulgariser les débats, ouvrir le dialogue et donner les clés aux téléspectateurs pour accéder aux services de santé dont ils ont besoin.

Le Fonds mondial apporte également un soutien financier à MTV Shuga afin de renforcer les messages de santé en dehors de la série grâce à la formation et le déploiement de pair-éducateurs dans les écoles, prioritairement auprès des jeunes filles et adolescentes afin d’accélérer l’assimilation aux messages de santé.

Une sensibilisation effective avec 58% de réduction de risque d’infections sexuellement transmissibles auprès des spectatrices selon une enquête menée par la Banque Mondiale en 2018.

Partenaire : 

Programme Cash+Care

Briser les tabous autour de la santé sexuelle des jeunes femmes et adolescentes

L’enjeu | Briser les tabous autour de la santé sexuelle des jeunes femmes et adolescentes

La santé sexuelle chez les adolescents, particulièrement les jeunes femmes, fait encore face à de nombreux défis en Afrique du Sud. En 2017, sur 270 000 nouvelles infections à VIH, environ 77 000 ont concerné des adolescentes et des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans. L’accès à une éducation sexuelle doit être une composante essentielle du système de santé spécifiquement envers les jeunes femmes et adolescentes.

L’innovation | Une incitation financière pour promouvoir l'utilisation des services de santé 

Le programme Cash+Care, soutenu par le Fonds mondial en Afrique du Sud, et notamment à Cape Town, étudie l’efficacité d’une incitation financière pour promouvoir l'utilisation des services de santé auprès des adolescentes et jeunes femmes en situation de vulnérabilité.

Composé de 12 sessions auprès de 20 jeunes femmes âgées de 19 à 24 ans, le programme vise à leur fournir un environnement chaleureux, informel et exhaustif autour des défis de santé qui touchent leur quotidien, tout en leur donnant les clés pour faciliter la transition vers l’âge adulte. Pour une réelle appropriation, le programme des sessions a été élaboré avec l’aide des acteurs locaux et mené par une facilitatrice issue de la communauté. 

« Comment t’assures-tu de rester en bonne santé lorsque tu es enceinte ? » ; « Comment réagirais-tu si tu apprenais que tu étais séropositive ? » ; « Comment protèges-tu ton enfant du VIH ? »

Autant de questions posées par la facilitatrice, auxquelles les jeunes femmes réfléchissent par groupes puis exposent et discutent auprès de l’ensemble du groupe.

A chaque session, les participantes reçoivent 360R, l’équivalent de 22€ qu’elles pourront dépenser comme elles le souhaitent. Une incitation financière pour les responsabiliser et les accompagner pour être en mesure de prendre leur propre décision

A ce jour, 9 800 jeunes femmes ont pris part au programme, et plus de 1 700 sont allées au bout des 12 sessions.

" Nous espérons diplômer plus de 5 000 nouvelles personnes entre le mois de juin et mi-septembre".

Partenaire :

Bhekisisa

L’enjeu | Le manque de couverture des enjeux de santé dans les médias 

La couverture médiatique des enjeux de santé reste un enjeu vital dans le monde, et particulièrement en Afrique. Le manque de communication est un facteur non négligeable dans la diffusion des craintes et confusion autour de la santé des populations. Un plus grand accès à une information fiable et de qualité peut garantir un meilleur accès aux droits humains.

L’innovation | Bhekisisa, un journalisme de solutions pour un réel impact sur la santé

Bhekisisa qui signifie « scruter » en Zoulou, est est chargé des questions de santé en Afrique du Sud mais aussi sur l'ensemble du continent.

Intégré au départ à la revue Mail&Guardian, l'équipe de Bhekisisa est depuis juillet 2019 une organisation indépendante avec ses propres locaux, et leurs articles sont publiés sur Daily Maverick, News24 et The Guardian UK.

En mêlant investigation de terrain et recherche scientifique, Bhekisisa souhaite dépasser la simple description des problèmes pour se diriger vers un journalisme de solutions – qui apporte un réel impact sur la santé des citoyens. 

Ainsi, en Afrique du Sud, Bhekisisa se concentre sur des problématiques propres aux pays telles que l’épidémie de VIH, la violence de genre, la tuberculose auprès des populations en situation de vulnérabilité (mineurs, travailleur.se.s du sexe, HSH, conducteur.rice.s de poids lourds transfrontaliers), mais également la pénurie de médicaments, et les maladies non transmissibles. 

En 2017, Bhekisisa a publié un article intitulé « Free to bleed » (« Le droit de saigner ») autour des coûts entraînés par les menstruations que beaucoup de femmes ne peuvent pas assumer. Une personne moyenne utilise 17 000 tampons ou serviettes hygiéniques dans sa vie, ce qui représente près de 40 000R en Afrique du Sud soit 2 500€. Ce qui veut dire choisir entre manger ou s’acheter des serviettes hygiéniques. Un constat alarmant sachant qu’un foyer moyen gagne 60 000R par an. Un bilan encore plus frappant auprès des écolières qui perdent en moyenne 3 jours de cours par mois car elles n’ont pas les moyens d’acheter des serviettes hygiéniques.

Suite à l’article réalisé par Bhekisisa, et un travail mené auprès des autorités, le service pédagogique de KwaZulu-Natal a annoncé la distribution gratuite de serviettes hygiéniques dans 3 000 écoles frappées par l’extrême pauvreté – un engagement financier de 20 millions de rand. Une première dans le pays.

Bhekisisa va donc bien au-delà du journalisme descriptif – et cherche à renforcer les capacités des lecteurs à la fois citoyens et autorités politiques. Leur travail a été récompensé par 30 trophées sur les 5 dernières années.

Yvonne Chaka Chaka

L’enjeu | Mobiliser les ressources pour lutter contre les maladies de la pauvreté 

Née à Soweto en 1965, Yvonne Chaka Chaka aussi appelée « La princesse d’Afrique », a été la première adolescente noire à devenir célèbre à la télévision sud-africaine. À la suite de l’émission de jeunes talents qui l’a fait connaître, elle débute une carrière impressionnante, marquée par le régime de l’apartheid.

L’innovation | L’engagement des personnalités publiques pour la santé

 « Les dirigeants africains sont responsables de la santé de leurs peuples » Yvonne Chaka Chaka

Partant de ce constat et de sa notoriété,  elle a souhaité s’engager publiquement pour la promotion des droits des femmes, des enfants et la lutte contre les 3 pandémies. Successivement Ambassadrice de bonne volonté pour UNICEF contre le paludisme et de « Roll Back Malaria », elle fait campagne pour l’accès aux médicaments et la distribution de moustiquaires. Elle a également été ambassadrice de bonne volonté pour le NEPAD (nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) sur la tuberculose et la nutrition est également engagée auprès du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. En 2006, elle a créé la Fondation « Princess of Africa » dédiée à la mobilisation des ressources pour renforcer l’alphabétisation, les droits des femmes et des enfants ainsi que la lutte contre le paludisme.Ainsi, Yvonne Chaka Chaka est devenue la première femme africaine à recevoir le Crystal Award lors du Forum économique mondial, un prix qui récompense les personnalités ayant mis « leur art au service de l'amélioration de l'état du monde ».  

Centre de prise en charge des usagers de drogue

L’enjeu | Lutter contre la vulnérabilité des personnes injectrices de drogues

Les personnes injectrices de drogues sont particulièrement exposées au VIH - 22 fois plus que la population générale. Lutter contre la vulnérabilité des personnes injectrices, c’est donc lutter contre l’épidémie.  En effet, les contaminations VIH explosent parmi les personnes usagères de drogues - +33% en cinq ans – et représentent désormais en moyenne 10% des contaminations au niveau mondial en 2018 tandis que les besoins en matériel stérile et programmes spécifiques ne sont couverts qu’à hauteur de 7%.

L’innovation | Programme de réduction des risques

A Cape Town, le Fonds mondial soutient les dispositifs de réduction des risques à destination des usagers de drogue qui s’articulent autour de plusieurs activités : 

  • Echanges de seringues pour faciliter l’accès à du matériel propre et stérile, et donc empêcher la transmission du virus.
  • Programme de méthadone : un traitement de substitution aux opiacées pour une diminution de la consommation de drogues injectables aux opiacés.
  • Prévention accrue auprès des consommateurs de drogues grâce à des cliniques mobiles et la présence de pair-éducateurs - distribution de préservatifs, lubrifiants, dépistage VIH, orientation vers les structures de santé, distribution de seringues. 

Les usagers de drogues font face à de nombreux obstacles pour accéder aux services de santé : rejet social, stigmatisation, criminalisation mais aussi violence quotidienne. D’où l’importance de construire un plaidoyer fort, notamment sur l’accès aux médicaments essentiels dont les populations en situation de vulnérabilité sont souvent privées.

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